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21 déc. 2009

Plusieurs sites Web débloqués à la Ville

La ville de Québec, reconnue par les internautes nomades pour son pare-feu Web des plus chiants, a vraisemblablement allégé son filtre.Voici quelques sites qui avaient étés signalés dans un article de l'Impact Campus et dans une note de moi-même et qui sont maintenant accessibles :


  • Flickr.com
  • Twitpic.com
  • Photobucket.com
  • Ipernity.com
  • Atpic.com
  • Easy-Share.com
  • HighTimes.com
  • RadioPirate.com
  • Bombe.tv
  • MaSexualite.ca

Mais attention toutefois, car la lutte continue. Certains sites idéologiques restent bloqués, comme torrentfreak.com (qui aborde les enjeux et les luttes politiques concernant les échanges de fichiers sur Internet) ou proxy.org (qui manifeste pour la non censure du Web ainsi que le droit à l'anonymat) restent bloqués.

Il reste beaucoup de chemin à faire pour les services informatiques de plusieurs institutions, mais dans le moment je donne à celui de la Ville une bonne main d'applaudissement! Joyeux Noël à eux et leur famille :-)

9 déc. 2009

Un bastion dans la tempête


Trois beaux groupes Facebook, n'est-ce pas? Aujourd'hui, une petite tempête, qui nous a paru bien grosse étant donné que c'était la première, a fait rager beaucoup d'étudiants de mon école.


Au début, j'ai appris qu'on était la seule fichue commission scolaire à ne pas fermer ses portes. Puis, je ne sais pas si c'est totalement vrai mais du moins ce l'est en bonne partie, on a appris qu'on était finalement la seule école de la commission scolaire à maintenir les classes.


Plusieurs élèves faibles, couards et frileux, à mon avis, ont quitté l'école sur l'heure du midi. Ils ont appelé papa-maman et sont partis, comme ça, parce qu'il y avait une tempête. Moi je crois que les tempêtes c'est une aventure : si notre CS ferme presque jamais, eh bien c'est ça et on peut rien y faire! À l'école on tripe ensemble en regardant par la fenêtre, on chiale ensemble en regardant la fenêtre, on écoute les profs nous raconter des tempêtes antérieures... c'est ça la vie à De Rochebelle quand y'a une tempête, c'est pas la fin du monde, on est au chaud entre quatre murs!



Certains auraient-ils oublié d'où nous venons, que nous sommes des Québécois? Les Québécois ont longtemps formé un peuple fier, travailleur et solide. Je pousse loin dans ma réflexion, mais considérez bien que ces élèves -loin de la minorité- sont les futurs citoyens. Qu'est-ce que ça va donner? Déjà on a plusieurs failles comme peuple, on est vraisemblablement dans un déclin tranquille... mais il va stopper quand, le déclin??? J'ai hâte!


Bref, certains ont quitté pour dormir, d'autres sont allés chez des amis, quelques-uns sont allés louer des films... Moi je suis resté, j'ai écouté A Christmas Carol en anglais pis après j'ai eu ma présentation en art-dram - un désastre pour tout le groupe, une honte commune. Après l'école ben on a mis nos manteaux, pis on a marché vers chez nous. Pour ma part je suis allé vers l'Ozone Ste-Foy, là où mon bus passe. J'étais avec ma gang du bus, face aux vents violents, pis on avançait avec la tête penchée. Arrivé à proximité, on est finalement entré dans un métrobus pour aller attendre à l'aubette chauffée du SSQ... car j'avais les cils, les sourcils et les favoris qui étaient pleins de glace :P Mal amanché, on peut dire! Pis là mon bus est arrivé, m'annonçant qu'il ne pouvait pas faire le parcours en entier. Et comme je suis malchanceux, c'est ma partie qui avait été abandonnée; j'ai donc marché 10 minutes de plus dans la neige :-)


Je ne me suis inscrit à aucun des groupes Facebook nommés en haut, car personnellement je ne veux pas m'affilier aux gens qui sont en majorité inscrits dessus : les gens qui se donnent le droit de chialer alors qu'ils étaient chez eux cet après-midi. Aussi, au fond, je n'ai rien à redire de la gestion de ces jours. Au pire on aura des pédagos de plus en fin d'année, voilà tout. Je soutiens mon École dans cette situation de chialage collectif sur le Net et j'espère que les absences notées aujourd'hui ne seront pas banalisées vu la masse, car ça reste des absences à dénoncer.



Par contre je me suis inscrit à ce groupe, car je trouve ça comique comment ça rejoint tout le monde tout en ne nommant aucune institution... on se sent toujours plus brimé que les autres :-)

23 nov. 2009

«Osti d'enfant de pute de fif de caliss ta gueule t'es fif pis laid tabarnak va te suicider»

Choquant, le titre? Oui, certainement. Mais devinez quoi : y'a des gens choquants et, en général, la vie aussi est choquante.

Au conseil des élèves de mon école, une institution dont je fais partie par convictions, pour y mettre du mien, on a décidé d'opter pour la création d'un groupe Facebook, Étudiants de De Rochebelle. Parce que, on doit le dire, c'est un outil puissant, on a jugé bon de le faire. Et après tout, comme je l'ai scandé aux élèves durant les messages du jour ce matin, « 300 000 000, c'est le nombre de gens sur Facebook, et ton conseil étudiant croit que tu es du nombre!». Bref, en général, les jeunes de mon école sont sur Facebook. Les gentils comme les mauvais.

Le groupe, quand on est administrateur, nous permet d'envoyer des messages directement à chaque personne qui s'y est jointe. Ce soir, second message de l'année, j'annonce plusieurs choses. C'est important, ces envois. Mais malheureusement c'est long à lire, et je concède qu'il faudra élaborer nos manières de faire au Conseil concernant les messages Facebook.


Mais voilà, la chnoute de la soirée est arrivée à 21 h 52, quand un étudiant m'envoie en message privé.
osti enfant de pute de fjif de cais ta yeul t fif pi laite tbk va te suicidé aree d emenvoiyier d mesage osti fils de pute
Vous l'aurez deviné, c'est le titre de ma note. Notons que deux secondes après le jeune homme me fait une demande d'ami Facebook... fort, le gars.


Un autre poursuit le bal à 21 h 56 en m'envoyant lui aussi un message privé.
toi men t gai jveux pas de t message que jmen caliss


Plusieurs constats pourraient être faits sur le geste de ces deux élèves, mais ce sont souvent les mêmes remarques qui reviennent, c'est à dire
  • la méchanceté que recèle les ados
  • le fait que derrière un écran ils soient moins sensibles
  • les termes associés à l'homosexualité sont souvent utilisés comme insultes.


On ne s'étendra pas sur les constats. Quoi que... un petit dernier : ils ont utilisé Internet comme arme, je réplique avec Internet. Est-ce que j'en ressors grandi? Non, la vengeance n'est que cupidité. Quoi que j'ai été plus malin qu'eux. Plus correct, en tout cas. En fait ça m'a fait du bien de vous raconter ça. Tsé, se faire injurier comme ça, ça donne une envie de frapper et de brailler, une émotion bien bizarre qu'on appelle la rage, j'imagine. Et faut dire, finalement, que je jubile en pensant aux futurs employeurs qui taperont leurs noms dans un moteur de recherche et qui tomberont ici. Mais pour l'instant je vais me contenter d'aller voir mon directeur demain.

Car si moi je peux connaitre le pardon, Internet, lui, a la mémoire longue.






Mise à jour :



[29 novembre 2009] Je comptais publier ce qui suit en commentaire, mais Blogger refuse à cause d'une limite de caractères... huhu! alors voilà :


Voilà enfin ma réponse, qui a tardé par manque de temps mais aussi pour murir ma réflexion.

Avant tout je dois vous dire que je suis allé voir mon directeur le mardi matin, soit le lendemain, et je lui ai raconté ce qui était arrivé. Je suis ensuite monté au labo d'informatique pour lui envoyer des saisies d'écran. Le fait est que je ne lui ai pas parlé de cette note, du fait que j'avais dénoncé le geste des deux gars sur mon blogue. Dans ma tête l'intervention à l'école et mon publication faisaient deux... et visiblement, je me trompais. Mardi, en PPO, j'ai vu la montagne de réactions et les chiffre de Google Analytics (685 visites uniques en ce moment, 354 mardi) : j'avais la mâchoire à terre!...

Ma décision concernant le futur de ma note, dès le mardi matin, était d'attendre quelques mois puis d'ôter tout ce qui montrait l'identité des attaquants. Mais à la lecture des commentaires de tous (dans la note de Mario et le billet de Sylvain Grand'Maison aussi), ma décision a été ébranlée. Mais ce soir, et ce depuis trois jours, c'est ceci que j'ai décidé (appuyé par les idées de François Guité, duquel j'accorde beaucoup d'importance à ses conseils, et de Anonyme) : visiblement, l'intervention de l'école et ma note sont liés; demain j'irai voir la TES chargée de l'affaire et je lui dirai que j'exige aux deux garçons une lettre d'excuses valable de la part de chacun d'eux, lettres que je rendrai publiques sur mon blogue avant d'ôter toute identification d'eux (en gardant les images); je laisserai libre cours par après à l'intervention scolaire, quoi que je spécifierai à la TES que je retire toutes formes de plainte.

Suite à la publication de cette note, j'ai reçu des réponses de la part des deux garçons sur Facebook. Le premier m'a écrit « faui; » (quécé que ça veut dire?!) et le second a été plus volubile en me disant « écoute si tu vx jpeux vnir tan parler dans ta face que jmen criss de t message pi que jai dla misere ak les homos si tu vx jmen tap ok jia ldroit de te dire sque jpensse de toi pace que on est dans un pays libre mon gars moi jte fait pas de menace comme lautre mais criff que jai dla misere ak sa moi lmonde qui réplique comme sa !!! »... un pays libre, la liberté d'expression... souvent le triste argument de ceux qui violentent les gens par la parole (voir à titre d'exemple un ancien animateur de radio FM à Québec).

Je viens, pour le plaisir, de googler les noms des deux gars. Un a la chance d'avoir plusieurs personnes qui portent son nom, dont un assez connu et bien établi sur la Toile. Mais l'autre... ouch! Ce billet de mon blogue se retrouve en deuxième sur Google avec son nom. C'est triste pour lui, mais il a intérêt à coopérer avec la TES :-P

Tout ça a amené un gros débat. Je note que trois personnes désapprouvent mon action, dont une professionnelle, une personnalité publique et un anonyme. Ceux qui ont secondé mon action, moins faciles à compter, étaient environs 18 déclarés. Parmi les gens qui se sont manifestés, une journaliste qui attend toujours ma réponse. Je ne sais pas si je vais lui répondre par la positive - mes parents ne savent que dalle de l'affaire et sérieusement je ne leur en dirai rien de rien : bien moins compliqué ainsi :-)

Je finirai en relativisant, comme me le conseille François. Il y a actuellement 2000 élèves à mon école et 760 inscrits sur le groupe Facebook. Le groupe a six bloqués : un pour spam (c'était un robot qui vend des sacoches...), quatre pour propos injurieux (Guillaume et moi étant les deux principales victimes) et un pour avoir encouragé. Les élèves actifs sur le groupe sont au nombre de 30, mais nous encourageons les gens à participer et je suis certain que l'activité de ce groupe deviendra une habitude. Pour ma mésaventure, vu que le tout était en message privé et que les gens de l'école ne visitent généralement pas mon blogue, personne n'est venu me supporter sur Facebook. Par contre, je me souviens, le dernier coup il y avait cinq personnes pendant toute une soirée qui répliquaient à un vandale (un sale vandale, qui a laissé jusqu'à 20 commentaires et messages sur le mur!) en attendant qu'un administrateur du groupe (un membre du Conseil des élèves) viennent finir la game et nettoyer les dégâts. Vraiment, sur le Net, on peut compter sur l'auto-régulation : la communauté, de par sa masse, est une grande force morale pour ramener un malfrat à la raison ou, du moins, condamner ses gestes et paroles. Deux point zéro power :-D






Mise à jour :



[1er décembre 2009] J'ai ôté les noms et liens. Les images resteront encore un peu,jusqu'à un autre avancement, mais ce ne sont plus celles reliées à leur compte Facebook, je les ai mis sur mon propre FTP (ainsi quelqu'un qui fouille avec l'adresse ne peut plus faire le lien entre ça et un nom et je garde le pouvoir sur elles, étant le seul à avoir le mot de passe). Plus de détails en revenant du Tweetup Québec :-)

20 nov. 2009

Vow of Silence 2009

Aujourd'hui c'est le Vow of Silence, partout sur Terre! À l'école, y'a Guillaume @GDuteaud, moi et quelques autres qui le faisons : toute la journée sans parler! Guillaume c'est un vrai de vrai, il s'est mis du duck tape sur la bouche!! Y'en a deux autres aussi qui l'ont fait. C'est fort!! Le prof d'histoire en a parlé en début de cours, durant la période d'actualité. Maurane, la supa présidente de l'école, a expliqué à l'intercom l'initiative qu'on faisait.


J'ai fait quatre constats aujourd'hui :



  1. Quand on ne peut pas parler, on voudrait toujours dire quelque chose, genre corriger quelqu'un

  2. Les personnes, quand on ne parle pas, tiennent à nous faire flancher, même si cela passe par les mesquineries ou la violence. Aussi, elles tentent de contrarier en disant «Ah! Ah! T'as parlé!!!!»

  3. Les profs sont ouverts à ce genre d'initiatives

  4. Les gens ne sont pas ou peu au courant des jours spéciaux comme celui-ci, encore moins des mouvements sociaux associés.


Voilà, là je retourne en classe! Dans le gym, on va faire un vidéo pour Tik Tik! Deux causes, une journée!


Quelques liens :




Mise à jour : ma prof de PPO a décidé malgré nos protestations qu'on n'irait pas a Tik Tik.... FFS.

Voir aussi : Guillaume en a parlé. Fascinante, son analyse! La mienne c'est de la ptite bière de gars naïf, à côté de celle qu'il a pondu... je seconde tous ses propos dans cette note!

16 nov. 2009

Sexcam : Excursion courte mais curieuse dans le monde d'un autre

Omegle est un site Web qui vous connecte avec un inconnu pour une session de clavardage. Le site ainsi que les gens dessus sont anglophones, mais je suis tombé sur quelqu'un du Québec. Excursion courte mais curieuse dans le monde d'un autre.

Connecting to server...
You're now chatting with a random stranger. Say hi!
Étranger : so STOP JAKE
Moi : okay, I'll stop him!
Moi : (?!)
Étranger : fine.
Étranger : that made me feel a lot better
Étranger : :)
Moi : cool!
Moi : where do you come from?
Étranger : quebec
Étranger : canada
Étranger : you?
Moi : no!
Moi : Amina c'est-ti toi?
(Amina et moi on s'était lancé comme défi de se trouver un jour sur Omegle)
Étranger : what?
Moi : oké
Moi : ben c'est à cause que moi aussi :P
Étranger : oou
Étranger : oui :)
Moi : t'es dans quel bout?
Étranger : je suis à la recherche de quelqu'un pour aller sur la came ;)
Moi : huhu... je veux pas être poche mais j'ai 15 ans...
Étranger : j'ai 17 ans
Étranger : tu veux m'ajouter à msn?
Étranger : [ici l'étranger entra son adresse courriel]
Moi : non, désolé. tsé... je suis p-e super trognon, mais tu le sais pas. pis tsé... y'a beaucoup de chances que finalement tu sois un vieux nuke de 54 ans...
Moi : attend je te trouve une photo de moi :)
Étranger : mais je veux aller sur la came, pas vous.
Moi : t'es un gars ou une fille?
Étranger : je suis une fille
Moi : hétéro?
Étranger : oui
Moi : [ici j'ai mis un lien d'une photo d'un gars qu'on peut qualifier d'attirant] -> moi
Moi : mais t'es pas dans la ville de Québec?
Moi : je veux dire... tu dois être genre à Montréal?
Étranger : non
Étranger : je suis en Bécancour
Moi : houlà! c'est pas à côté, ça :P
Étranger : haha :)
Moi : et... est-ce que tu as un chum?
Étranger : non, j'ai rompu avec mon ex-chum il ya un mois.
Moi : oké
Moi : et depuis tu fais de la came?
Étranger : oui
Moi : comment c'est? est-ce que c'est facile, de trouver du monde?
Étranger : parfois oui, parfois pas haha lol
Moi : et dans la vraie vie... est-ce que tu vas au cégep ou au secondaire?
Moi : moi je suis en sec 4
Moi : et célibataire :P mais ça va venir
Étranger : je vais au secondaire
Étranger : hehe
Étranger : eh bien, je vais me coucher maintenant :)
Moi : @+
Moi : et merci pour la convé :)
Étranger : vous pouvez encore me ajouter sur msn....
Moi : t'es fine
Moi : ouais
Moi : mais sans webcam ;)
Moi : juste comme ça... ton prénom c'est?
Étranger : becca
Étranger : et toi?
Moi : enchanté :) Félix
Étranger : :))
Moi : alors j'espère que tu as eu ce que tu cherchais :) bonne nuit ;)
Étranger : oui oui :)) bonne nuit
Your conversational partner has disconnected.

Et c'est ainsi que l'inconnue s'est déconnectée, peut-être pour aller dormir, peut-être pour cesser de se faire importuner par le curieux que je suis et retourner à la conquête d'une sexcam. Quoi penser de cela?

J'ai réussi à en apprendre un peu sur elle, mais rien de bien gros. Est-ce que dans la vraie vie elle a beaucoup d'amis, est-ce qu'elle est bien dans sa peau, qu'est-ce qui la pousse à se tourner vers ce sexe technologique et dangereux? Est-elle née ici, quelle est son histoire? J'aurais aimé qu'elle me dise tout ça, ne serait-ce que pour la comprendre un peu plus...

Et si mon inconnue était en fait un homme? Si elle avait 40 ans? Si elle était directrice d'école ou mère de deux enfants? Et si ça avait été ma voisine? On ne le saura sans doute jamais, car dès que je lui aurai envoyé cette note par courriel j'oublierai sans doute son adresse...

8 oct. 2009

La désintégration de notre société

Titre alternatif : Réfléxion sur le désengagement social

[...] Une vie qui sera d’ailleurs marquée par l’individualisme et son corollaire, la solitude.

-Un journaliste du journal Le Devoir


Notre société a toujours été et est toujours en constante évolution. Depuis les années 1960, ces changements se sont précipités, souvent plus vite que leur ombre! Alors que certaines personnes auraient tendance à dire que les choses vont trop rapidement, qu'il faudrait arrêter et reprendre notre souffle, d'autres s'émerveillent de voir tous ces changements. Je crois que l'individualisme est une de ces métamorphoses. Pour le développement du Québec et de l'Amérique du Nord plus en général, l'individualisme, essence même du dur capitalisme qui met la sans-cœur sélection naturelle de l'avant, a été bénéfique. Mais cet avantage que nous amenait ce phénomène ne se dégrade-t-il pas, devenant ainsi ce qui tue à petits feux notre société?

Pour démontrer ce chacun-pour-soi, j'affirme que de nos jours, nous ne sommes plus sensibles aux problèmes d'autrui. En ville, il m'est arrivé quelques fois où j'ai croisé des personnes en pleurs; les gens regardaient la personne, mais ne s'inquiétaient pas d'elle. Plus personnellement, lorsque j'ai le moral à zéro et que des amis s'en préoccupent, ce n'est jamais plus que deux minutes, superficiellement, le temps de clamer que c'est bien malheureux avant de passer à autre chose, comme si ce n'était que pour faire bonne figure qu'ils s'en intéressaient. Par contre, quand ces mêmes amis ont à leur tour des ennuis, ça doit inévitablement prendre toute l'attention. J'émets donc l'hypothèse que l'individualisme dans notre société ne se manifeste pas uniquement par le désintérêt de la vie de nos contemporains, mais aussi par une vue égocentrique de la nôtre.

Les difficultés des autres? Indifférence, tant que ce ne sont pas les miennes!


Quand il s'agit de parler de nous, de tous nos problèmes, de comment on est si bon pour tout surmonter, par contre, là c'est différent! C'est normal, aussi, de banaliser les soucis des autres... car les nôtres sont plus importants!


J'ai choisi de vous démontrer l'individualisme par un de ses sous-phénomènes, l'indifférence aux autres. Toutefois, un autre exemple est familier à presque tous : connaissez-vous ne serait-ce que le nom de vos voisins? Peut-être, comme moi, faites-vous partie de la majorité qui va répondre non à cette question. Et pourtant, c'est sur toutes les lèvres, tout le monde le déplore. Où sont passés la vie de quartier, les bavardages au dessus de la clôture, les fêtes de voisinages? Qui fait encore du bénévolat et soutient encore une quelconque cause sociale? Et malgré ce regret commun, très peu de gens font en sorte que cela change.

Pour conclure, revenons-en au capitalisme. Ce billet n'était pas une critique envers ce système économique et social, mais n'est-ce pas ce qui pousse les gens, parmi d'autres facteurs, à l'individualisme sale? Nous sommes, qu'on l'ait voulu ou non, une société de performance, de consommation, de compétition. Le train de vie des gens va souvent trop vite à leur goût : le stress y est, mais il faut travailler, travailler et travailler encore pour pouvoir se payer les choses. Combien de fois ma mère m'a-t-elle dit qu'il n'y avait pas assez de 24 heures dans une journée pour tout faire? Dans le rythme effréné de chacun, on passe tant de temps à mettre la main à la pâte que, dès qu'un temps libre survient, on le prend pour soi. Et encore faut-il se plier en quatre pour réussir à réunir toute la famille...!